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#754 / WEB

6 outils gratuits pour tester la vitesse de votre site web

Votre site est-il trop lent ? Découvrez 6 outils 100 % gratuits pour tester sa vitesse, identifier les blocages et booster les performances.

11 min Adrien
6 outils gratuits pour tester la vitesse de votre site web

3 secondes. C’est le temps qu’il faut à un internaute pour quitter une page qui rame. Si votre site met du temps à s’afficher, vous perdez la moitié de vos visiteurs avant même qu’ils n’aient vu votre contenu.

Vérifier la vitesse de vos pages est gratuit et prend moins de 2 minutes. Vous n’avez pas besoin du budget d’une grande entreprise, ni de compétences en code pour savoir ce qui ralentit votre site.

Voici une sélection d’outils qui permettent de mesurer les performances de votre site et d’obtenir des pistes pour corriger le tir.

1. PageSpeed Insights, l’outil officiel de Google

PageSpeed Insights est l’outil officiel de Google. Il est totalement gratuit et fonctionne sans inscription. Il suffit d’entrer l’adresse de votre site et de lancer l’analyse. En 30 secondes, vous obtenez une note sur 100 pour la version mobile et la version ordinateur. L’outil vous donne la liste des problèmes classés selon leur importance, en plaçant les corrections prioritaires tout en haut.

Ce score provient d’un test virtuel en laboratoire. Google charge votre page depuis un serveur en bridant volontairement la connexion mobile. Cela permet de mesurer tous les sites avec les mêmes règles. C’est la raison pour laquelle la note semble souvent mauvaise par rapport à ce que vous constatez sur votre propre téléphone avec un bon réseau. Ne vous focalisez pas uniquement sur ce chiffre et lisez plutôt les détails affichés plus bas.

PageSpeed Insights, l'outil officiel de Google

Si votre site reçoit un trafic suffisant, un second tableau apparaît. Il regroupe les données des vrais visiteurs utilisant Chrome durant le dernier mois. À ce stade, vous n’analysez plus une simulation mais l’expérience de votre public. Trois données majeures structurent ce rapport et il est utile de comprendre leur signification.

La première donnée évalue le temps d’affichage du plus gros élément de l’écran, comme la photo principale ou le titre. Le résultat est correct s’il reste inférieur à deux secondes et demie. La deuxième mesure le temps de réponse du site lorsque le visiteur clique sur un bouton. La réaction doit prendre moins de deux cents millisecondes pour être fluide. La troisième calcule la stabilité visuelle de la page pendant son chargement. Elle traque ce moment pénible où le texte bouge brusquement alors que vous tentiez de cliquer. Plus cet indicateur se rapproche de zéro, plus la navigation reste stable.

Google valide votre page si au moins trois internautes sur quatre profitent d’une navigation fluide sur l’ensemble de ces critères. Ce sont ces données réelles qui influencent votre référencement, bien plus que la note théorique du laboratoire. PageSpeed Insights est idéal pour confirmer l’existence d’une lenteur et cibler le problème le plus lourd. En revanche, il indique rarement la cause exacte du blocage. C’est pourquoi il est nécessaire d’utiliser un second outil.

2. GTmetrix, pour identifier ce qui ralentit vos pages

GTmetrix va plus loin que PageSpeed. L’outil liste chaque image et chaque script dans l’ordre de leur chargement. L’accès est gratuit, il suffit de créer un compte.

Regardez d’abord le poids total de la page et le nombre de fichiers demandés. Une page doit rester légère et fait voyager peu de données. Si vous dépassez les 2 Mo et les 80 requêtes, vous savez déjà qu’il y a un problème avant même d’analyser le détail.

Le rapport affiche ensuite une frise chronologique. Chaque image ou script a sa propre ligne et une barre qui indique son temps de chargement. Quand ces barres s’enchaînent en escalier, elles bloquent les fichiers suivants.

L’outil ajoute à cela une série de captures d’écran prises au fil des millisecondes. Vous voyez l’évolution de l’affichage, si l’aperçu reste blanc pendant 2 secondes, votre visiteur passe 2 secondes devant un écran vide.

Pour gagner du temps, triez la liste par poids. Dans 9 cas sur 10, le ralentissement vient d’une image en haute résolution placée en haut de page, intégrée sans être compressée ni redimensionnée. Elle pèse plus lourd que tout le reste du site. Corriger cette image règle la moitié du problème. Le reste se traite ensuite de la même manière, en éliminant les éléments les plus lourds un par un.

3. WebPageTest, pour résoudre les blocages les plus tenaces

WebPageTest donne les mêmes informations que GTmetrix sur ce que charge la page, mais avec une finesse nettement supérieure. Gratuit et open source. Là où il prend l’avantage, c’est sur le contrôle des conditions du test. Vous choisissez la ville depuis laquelle la mesure est lancée, le type d’appareil et même la qualité de la connexion simulée, d’une fibre rapide à une 3G. Vous testez ainsi votre site dans les conditions de vos visiteurs, pas seulement depuis votre bureau en très haut débit.

WebPageTest, pour analyser en detail
WebPageTest détaille chaque étape du chargement avec une précision que les autres outils n’atteignent pas.

Autre force, il lance par défaut plusieurs passages d’affilée et retient la mesure médiane, ce qui gomme les variations aléatoires. Il sépare aussi la première visite, cache vide, de la visite suivante, cache plein. Cet écart vous dit en un coup d’œil si votre cache travaille ou si vos visiteurs réguliers rechargent tout à chaque passage.

Les rapports sont plus touffus, c’est le prix de la précision. Si vous débutez, restez sur GTmetrix. Mais quand un ralentissement persiste sans explication malgré vos corrections, WebPageTest est l’outil qui débloque la situation parce qu’il montre l’instant exact où le chargement cale.

4. Lighthouse, celui qui est déjà dans votre navigateur

Lighthouse est déjà dans votre Chrome et c’est même le moteur qui calcule la note de PageSpeed Insights. La différence, c’est qu’ici le test tourne sur votre propre appareil. Faites clic droit sur n’importe quelle page, choisissez Inspecter, puis l’onglet Lighthouse dans la barre du haut. Vous lancez un audit complet, sans compte, sans inscription, sans passer par un serveur externe.

Comme rien ne sort de votre ordinateur, ça fonctionne aussi sur un site en local, sur une version de prévisualisation, ou derrière un mot de passe, là où les outils en ligne ne peuvent pas entrer.

Vous compressez une image, vous relancez Lighthouse, vous voyez si ça a bougé. Vous activez un plugin de cache, vous relancez. En 2 minutes, vous savez si votre modification a aidé ou si elle a cassé quelque chose ailleurs sans que ça se voie. Un conseil quand même, lancez-le sur une fenêtre de navigation privée et fermez vos autres onglets, sinon vos extensions de navigateur faussent la mesure.

5. Yellow Lab Tools, le contrôle technique du code

Yellow Lab Tools ne mesure pas vraiment la vitesse. Il juge la propreté du code et la structure de votre site. Gratuit et open source. Il note votre page de A à F sur ce qui fait ou défait une page rapide. Le poids total, le nombre de requêtes, la complexité de la structure de la page, la lourdeur du JavaScript, le CSS en trop, les polices accumulées, les vieilles bibliothèques qui ne servent plus.

Yellow Lab Tools, le contrôle technique du code

Chaque mauvaise note mène à la liste de ce qui cloche avec le détail des fichiers ou des bouts de code en cause. C’est l’outil qui explique pourquoi une page toute simple en apparence rame quand même. Le coupable est souvent le thème ou le constructeur de page. Ils empilent du code invisible à chaque fonctionnalité ajoutée, des scripts chargés partout même sur les pages qui ne s’en servent pas. Vous ne le voyez pas à l’œil. Yellow Lab Tools le compte et le note.

6. Chinafy, pour tester depuis l’autre bout du monde

Tous les outils précédents testent surtout depuis l’Europe ou l’Amérique du Nord. Si une partie de vos visiteurs se trouve en Chine, ils voient autre chose que vous parce que certains fichiers qu’il utilise n’arrivent tout simplement jamais là-bas.

Les outils gratuits de Chinafy testent depuis Pékin, Shanghai et Guangzhou. Leur test repère les ressources bloquées derrière le filtrage chinois. Les polices Google, les scripts Facebook, les vidéos YouTube intégrées dans la page. La page s’affiche à moitié ou attend indéfiniment des fichiers qui ne viendront pas. Aucun test européen ne vous l’aurait signalé, puisque chez vous tout se charge normalement.

Chinafy, pour tester depuis l’autre bout du monde

Même si la Chine ne vous concerne pas, l’idée vaut pour n’importe quelle région lointaine ou mal desservie. Vous ne testez en général que depuis chez vous, dans de bonnes conditions et c’est le pire angle pour repérer ce genre de panne silencieuse.

Les 4 causes qui reviennent presque toujours

Ces huit outils vont finir par pointer votre problème. Encore faut-il reconnaître ce qu’ils montrent quand vous lisez le rapport. Dans l’immense majorité des cas, tout se ramène à quatre causes.

  1. La page tarde à répondre avant même que quoi que ce soit s’affiche. L’écran reste blanc, le navigateur attend. Le problème est côté serveur, pas dans votre contenu. Un hébergement bas de gamme fait patienter le visiteur pendant qu’il réfléchit. Aucune image compressée n’y changera quoi que ce soit, c’est l’hébergement ou la configuration de WordPress qu’il faut revoir.
  2. La grande image du haut met du temps à apparaître. C’est la plus fréquente de toutes. Et la plus simple à corriger une fois repérée avec GTmetrix, en réduisant le poids de l’image et en demandant au navigateur de la charger en priorité.
  3. La page saute pendant le chargement. Le texte se décale, vous cliquez à côté. Une image ou une publicité s’est invitée sans avoir réservé sa place à l’avance. On corrige en fixant les dimensions de chaque élément dès le départ, pour que la place soit gardée même avant que le contenu arrive.
  4. Le site répond mollement sous le doigt. On tape, on clique, et il faut un instant avant que ça réagisse. Trop de choses tournent en même temps. Un thème trop riche, une pile d’extensions, des boutons de partage dans chaque coin. Chaque ajout paraissait anodin pris séparément. L’addition, elle, ne l’est plus.

Si vous changez tout d’un coup, vous avancez à l’aveugle

Le score remonte. Impossible de dire ce qui a payé, ni de refaire le coup ailleurs. Et si une page casse au passage, impossible de savoir laquelle des 5 retouches est en cause. Vous avez gagné des points sans rien comprendre, ce qui ne vous servira pas la prochaine fois.

Faites l’inverse. Une seule modification. On vide le cache. On relance le même test, dans les mêmes conditions. On vérifie la page sur son téléphone. Puis on passe à la suivante. C’est plus lent sur le moment et franchement moins gratifiant. C’est pourtant le seul moyen de savoir ce qui marche et de pouvoir le reproduire.

Faut-il un plugin de cache pour accélérer mon site ?

Si votre site rame parce que WordPress refabrique chaque page à chaque visite, un bon plugin de cache règle l’affaire en quelques clics. Le principe est simple, la page est fabriquée une fois puis servie toute prête aux visiteurs suivants, au lieu d’être recalculée à chaque fois. C’est par là qu’il faut commencer, parce que le gain est immédiat et le risque quasi nul.

Mais le cache ne rattrape pas une page trop chargée au départ. Quand elle empile les images lourdes, les animations et les extensions, vous gagnez trois points le lundi et vous les reperdez le jeudi en installant autre chose. À ce stade, le problème a changé de nature. Ce ne sont plus des réglages à ajuster, ce sont les fondations qui sont en cause. Repartir sur une base WordPress plus saine vous fera gagner davantage que cent petites optimisations empilées les unes sur les autres.

Ce n’est pas le score qui compte, mais la vitesse de chargement

Revenons à cette note qui dansait entre 42 et 51 au début. Personne n’a jamais quitté un site parce qu’il affichait 92 au lieu de 100. Les visiteurs s’en vont quand la page les fait patienter devant un écran vide, quand elle saute sous leurs yeux, quand le bouton ne répond pas au doigt. C’est ça qu’ils ressentent et qui les fait fuir.

Visez donc une page qui se charge sans qu’on la sente, lisible sur un téléphone, stable sous le doigt. Si vous ressortez d’un test avec une cause et une prochaine action en tête, peu importe le score affiché, votre journée est gagnée. Et si vous préférez qu’on s’en charge plutôt que d’y passer vos soirées, c’est exactement notre métier.