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#841 / LINUX

Mettre à jour Ubuntu en ligne de commande (paquets, noyau, version)

Découvrez comment mettre à jour Ubuntu à 100 % : paquets, noyau, nettoyage, migration de version. Tutoriel complet et à jour pour Ubuntu Desktop & Server.

8 min Adrien
Comment mettre à jour Ubuntu complètement (paquets, noyau, version)

Lundi matin, connexion SSH sur un serveur qu’on n’a pas touché depuis six mois. Dès le login, le terminal affiche 214 packages can be updated. Le premier réflexe est de taper un rapide apt update && apt upgrade à l’aveugle, puis de passer au ticket suivant.

Sur une machine personnelle, ça passe. Sur un serveur en production, un peu moins. Une mise à jour gérée à la hâte peut casser des dépendances ou faire planter un service au prochain redémarrage.

Ici, on reprend la base. On pose les commandes pour rafraîchir vos paquets, installer le dernier noyau et basculer proprement sur la nouvelle version majeure d’Ubuntu.

Mettre à jour tous les paquets logiciels sous Ubuntu

Avant de penser à changer de version ou à mettre à jour le noyau, il faut commencer par mettre à jour tous les paquets logiciels déjà installés sur votre système Ubuntu. Cela inclut les bibliothèques, applications, dépendances et fichiers système fournis par les dépôts officiels. Mais attention : toutes les commandes de mise à jour ne font pas la même chose et certaines laissent de côté des paquets importants si on ne va pas plus loin que le classique apt upgrade.

Voici comment procéder étape par étape pour être sûr que tout ce qui peut être mis à jour l’est effectivement, sans exception.

Mise à jour classique avec sudo apt update && sudo apt upgrade

La méthode la plus courante pour mettre à jour Ubuntu consiste à exécuter :

Debian
sudo apt update && sudo apt upgrade

Voici ce que fait chaque commande :

  • apt update télécharge la liste des paquets disponibles depuis les dépôts configurés dans le système (mais n’installe rien).
  • apt upgrade installe les mises à jour des paquets déjà installés, à condition que ces mises à jour ne nécessitent ni la suppression ni l’ajout de nouveaux paquets.

Cette méthode est sûre, rapide et elle évite toute modification risquée de dépendances. Mais elle peut laisser de côté certains paquets, ceux qui impliquent des suppressions ou des remplacements importants.

Cas fréquents de paquets « non mis à jour »

Si vous voyez apparaître ce genre de message :

Debian
Les paquets suivants ont été conservés :
linux-image-generic grub-efi-amd64

C’est que apt upgrade refuse de les mettre à jour car cela entraînerait des changements de structure (comme remplacer un ancien paquet ou en ajouter un nouveau). Dans ce cas, le système n’est pas complètement à jour, même si aucune erreur n’est affichée.

Mise à jour complète avec sudo apt full-upgrade

Pour aller plus loin et s’assurer que tous les paquets sont à jour (y compris ceux qui nécessitent des suppressions ou des remplacements) on utilise :

Debian
sudo apt full-upgrade

Cette commande :

  • Met à jour tous les paquets disponibles
  • Autorise l’installation de nouvelles dépendances
  • Accepte la suppression des anciens paquets inutiles ou obsolètes pour permettre la mise à jour d’un paquet critique.

C’est aussi cette commande qui assure que le méta-paquet linux-generic pointe vers la toute dernière version du noyau disponible dans les dépôts. Pour ne plus avoir à relancer cette commande manuellement, vous pouvez activer les mises à jour automatiques sur Ubuntu.

Vérifier et mettre à jour le noyau Linux sur Ubuntu

Si la plupart des utilisateurs mettent à jour leurs paquets régulièrement, peu savent si leur kernel est à jour ou s’ils tournent encore sur une version obsolète. Pourtant, le noyau est le cœur du système, celui qui fait le lien entre votre matériel et votre système d’exploitation.

Le noyau Linux évolue en permanence. À chaque nouvelle version, il apporte :

  • des correctifs de sécurité pour des failles critiques
  • une meilleure compatibilité matérielle (périphériques récents, SSD NVMe, Wi-Fi, etc.)
  • des améliorations de performance, de gestion mémoire ou de support du multi-core
  • des nouvelles fonctionnalités système (comme le support de filesystems ou de modules avancés).

Ne pas mettre à jour son noyau, c’est s’exposer à des vulnérabilités connues déjà corrigées.

Installer la dernière version du noyau depuis les dépôts Ubuntu

Sur Ubuntu, la méthode la plus sûre pour mettre à jour le noyau est d’utiliser le méta-paquet suivant :

Debian
sudo apt install linux-generic

Ce paquet agit comme un lien vers la dernière version stable du noyau disponible dans votre version d’Ubuntu. Il permet de mettre à jour automatiquement :

  • linux-image-* : le noyau lui-même,
  • linux-headers-* : les fichiers nécessaires pour compiler des modules.

⚠️ Si votre système est déjà à jour, cette commande ne fera rien. Mais si vous êtes sur une ancienne version du noyau (par exemple après un long gel), elle installera la dernière disponible sans risque.

Une fois le nouveau noyau installé, vous devez redémarrer votre ordinateur pour qu’il soit chargé au démarrage.

Debian
sudo reboot

Après redémarrage, vous pouvez vérifier avec avec uname -r que la version correspond à la plus récente.

Nettoyer Ubuntu après la mise à jour : libérez de l’espace et évitez les conflits

Une fois tous les paquets mis à jour et le noyau Linux installé, une dernière étape souvent oubliée consiste à nettoyer le système. Ubuntu accumule les fichiers inutiles après les mises à jour, anciennes dépendances, kernels obsolètes, caches de paquets… Tout cela occupe de l’espace et peut, dans certains cas, provoquer des conflits ou ralentissements.

Voici comment faire un nettoyage en profondeur, sans mettre votre système en danger.

Ubuntu dispose de plusieurs commandes dédiées à l’entretien du système.

Supprimer les dépendances et paquets devenues inutiles

Debian
sudo apt autoremove

Cette commande identifie les paquets installés automatiquement (en tant que dépendance d’un autre logiciel) mais qui ne sont plus utilisés.
C’est notamment le cas :

  • des anciennes versions du noyau,
  • de bibliothèques orphelines,
  • ou d’anciens pilotes qui ne sont plus nécessaires.

Nettoyer le cache de paquets .deb

Debian
sudo apt autoclean

Cette commande supprime du cache tous les paquets .deb téléchargés qui ne sont plus disponibles dans les dépôts (anciens, obsolètes).

Et si vous voulez tout nettoyer même les paquets encore disponibles :

Debian
sudo apt clean

apt clean vide tout le cache des paquets, ce qui n’est pas toujours utile. En général, autoclean suffit et évite de retélécharger les mêmes fichiers ultérieurement.

Gagner de l’espace disque et éviter les conflits système

Ubuntu conserve par défaut plusieurs versions du noyau. Après une mise à jour complète, le système peut contenir :

  • le noyau actif (le plus récent),
  • un ou plusieurs anciens noyaux (de secours),
  • leurs fichiers headers et modules associés.

En moyenne, chaque noyau complet (image + headers) occupe 200 à 300 Mo. Si vous ne nettoyez jamais, l’espace disque peut vite être saturé sur les petites partitions /boot.

Debian
sudo apt autoremove

Cette commande identifie les noyaux obsolètes (non utilisés au démarrage) et propose de les supprimer en toute sécurité.

Vérifier si une mise à niveau d’Ubuntu est disponible

Ubuntu publie une nouvelle version tous les 6 mois (avril et octobre), mais seules les versions LTS (Long Term Support) sont maintenues pendant 5 ans.
Exemples de LTS :

  • Ubuntu 20.04 LTS (Focal Fossa)
  • Ubuntu 22.04 LTS (Jammy Jellyfish)
  • Ubuntu 24.04 LTS (Noble Numbat)

Si vous utilisez actuellement une version LTS, Ubuntu ne vous proposera automatiquement la mise à niveau vers la suivante qu’après la sortie de la version pointée .1, comme 24.04.1 dans notre cas. Cette précaution vise à garantir une meilleure stabilité pour les utilisateurs professionnels et serveurs. Cependant, il est possible de forcer l’accès anticipé si vous souhaitez migrer plus tôt.

Debian
sudo do-release-upgrade --check-dist-upgrade-only

Si la commande n’affiche aucune version disponible, cela signifie soit que vous êtes déjà sur la version la plus récente, soit que la nouvelle version est encore en cours de stabilisation et n’est pas encore proposée par défaut.

Lancer la mise à niveau vers la nouvelle version de Ubuntu

Avant de procéder à une montée de version, n’oubliez pas de protéger votre système Linux avec un snapshot ou une sauvegarde pour éviter toute perte de données en cas d’imprévu.

Une fois votre système préparé, vous pouvez lancer la migration vers la version supérieure.

Vérifier que l’outil est installé

Le gestionnaire de mise à jour en ligne de commande est fourni par le paquet update-manager-core déjà présent par défaut. Si ce n’est pas le cas, installez-le manuellement :

Debian
sudo apt install update-manager-core

Lancer la mise à niveau de Ubuntu

Une fois prêt, lancez la commande suivante pour démarrer le processus de migration :

Debian
sudo do-release-upgrade

⚠️ Note : Il est possible que certains logiciels tiers ou dépendances spécifiques ne soient pas encore compatibles avec la nouvelle version. En cas d’environnement critique, il est recommandé de tester la migration sur une machine de préproduction.

Ce qu’il va se passer durant la mise à niveau :

  1. Les sources de logiciels seront modifiées pour pointer vers les dépôts de la nouvelle version (par exemple, passer de jammy à noble).
  2. Des centaines, voire des milliers de paquets seront téléchargés, puis mis à jour automatiquement.
  3. L’outil vous demandera de confirmer certaines actions, comme le remplacement de fichiers de configuration personnalisés ou la suppression de paquets devenus obsolètes.
  4. Enfin, une fois toutes les opérations terminées, le système vous proposera un redémarrage pour appliquer complètement la nouvelle version et charger le nouveau noyau.

Dernière étape après le redémarrage : finaliser la mise à jour

Une fois le système relancé, il est conseillé d’exécuter une dernière commande pour vous assurer que tout est parfaitement à jour :

Debian
sudo apt update && sudo apt upgrade

Cela permettra d’installer d’éventuelles dernières mises à jour publiées depuis la migration (correctifs de dernière minute, traductions, métadonnées de dépôts…).