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Une hausse de 440 % sur la DDR5 et le marché se stabilise
Hardware Par Adrien

Une hausse de 440 % sur la DDR5 et les prix se stabilisent

Beaucoup s’en rendent compte au moment de passer à l’achat. Une mise à niveau qui semblait raisonnable devient soudain hors budget. Un composant banal coûte deux ou trois fois plus cher qu’avant. En 2026, le matériel informatique franchit des seuils historiques, forçant particuliers et professionnels à revoir leurs habitudes.

La DDR5 est devenue le composant le plus cher de nos PC

Si un composant devait symboliser à lui seul la crise actuelle du matériel informatique, ce serait sans hésitation la mémoire vive. Depuis 2025, la RAM est devenue l’épicentre de la flambée des prix, entraînant dans son sillage l’ensemble du marché.

En quelques mois seulement, les prix de la DDR5 ont connu une hausse fulgurante, atteignant une exagération de l’ordre de +440 % par rapport aux niveaux d’avant-crise. Une progression d’une ampleur rarement observée sur un composant aussi courant. Cette envolée a été si brutale qu’elle a fini par provoquer une forme de saturation du marché. En février 2026, la hausse s’est tout simplement arrêtée avec une augmentation mensuelle nulle. Cela ne signifie pas pour autant un retour à la normale, mais plutôt que les prix ont atteint un plafond acceptable par le marché.

Développement du prix de la mémoire DDR5 202526 v2
Développement du prix de la mémoire DDR5 2025–2026 v2 – © 3Dcenter

Les références les plus haut de gamme, déjà chères avant la crise, continuent de progresser légèrement, tandis que certains modèles dont les prix avaient été poussés à l’extrême commencent à reculer. Les écarts entre références se resserrent, signe que le marché cherche un nouvel équilibre après une phase de tension excessive. La DDR5 ne baisse pas, mais elle cesse de grimper, ce qui traduit une stabilisation à un niveau historiquement élevé plutôt qu’une correction.

La DDR4 reste chère malgré son ancienneté

Contrairement à ce que l’on aurait pu attendre, la DDR4 n’a pas joué le rôle de solution de repli bon marché. Malgré son ancienneté, ses prix restent eux aussi durablement élevés avec une exagération moyenne autour de +278 %. La hausse est certes plus contenue que pour la DDR5 et nettement plus stable, mais elle reste significative. En février, l’augmentation mensuelle s’est limitée à environ +4,6 % et confirme un ralentissement marqué. Peu exposée à la demande liée à l’intelligence artificielle, la DDR4 semble moins vulnérable à de nouvelles flambées à court terme.

La mémoire pour ordinateurs portables sous forte tension

La situation est encore différente du côté de la mémoire SODIMM utilisés dans les ordinateurs portables. Ici, l’exagération globale atteint environ +269 %, mais avec une volatilité bien plus forte. Certains modules en DDR4 ont vu leurs prix exploser en très peu de temps à cause de pénuries ponctuelles et de stocks extrêmement limités. En dehors de ces cas extrêmes, la hausse reste relativement modérée, mais le risque demeure élevé. Dès qu’un type de module devient difficile à trouver, les prix peuvent s’emballer.

Dans l’ensemble, la mémoire vive illustre parfaitement la dynamique actuelle du marché. Les prix ne montent plus aussi vite, mais ils restent durablement hauts. La crise n’est plus dans la phase de choc, elle est entrée dans une phase de normalisation à des niveaux qui, il y a encore peu de temps auraient été jugés exceptionnels.

Les SSD résistent encore mais pour combien de temps ?

Après la flambée spectaculaire de la mémoire vive, le stockage magnétique et flash donne l’impression de mieux encaisser la crise. Cette résistance ne doit toutefois pas être interprétée comme un retour à la normale. Elle s’explique surtout par un décalage dans la chaîne d’approvisionnement et par des priorités industrielles qui n’ont pas encore totalement percuté le marché grand public.

Les disques durs internes ont été relativement épargnés jusqu’ici car la production est massivement orientée vers les besoins des serveurs et des centres de données, mais les fabricants n’ont pas encore complètement répercuté cette tension sur les gammes destinées aux particuliers. Tant que les stocks retail tiennent, les prix restent contenus.

Les petites capacités de disques durs déjà en première ligne

Les premiers signes de cette dynamique apparaissent déjà sur les petites capacités. Les disques durs de 1 et 2 To ont vu leurs prix augmenter plus rapidement que les modèles de grande capacité. À l’inverse, les disques de 8 To et plus restent encore relativement disponibles, même si la pression côté serveurs est décrite comme extrême. Cette situation n’est probablement que temporaire, car la production de modèles grand public pourrait être sacrifiée au profit de contrats industriels plus rentables.

Évolution des prix RAM, SSD, HDD & GPU 2025 26 v2
Évolution des prix RAM, SSD, HDD & GPU © 3Dcenter

Si la tendance actuelle se poursuit, un nouveau palier de prix pourrait être franchi rapidement.

Du côté des SSD internes, la hausse est plus contenue que pour la mémoire vive, mais elle est continue. L’exagération globale des prix atteint désormais environ +90 %, ce qui rapproche dangereusement ce segment d’un doublement par rapport aux niveaux d’avant-crise. Les SSD PCIe 3 et PCIe 4 sont les plus touchés, car ils représentent encore l’essentiel du marché et reposent fortement sur le coût de la mémoire NAND. À l’inverse, les SSD PCIe 5 restent relativement épargnés, principalement en raison de volumes encore faibles et d’une adoption limitée côté grand public.

Les disques durs externes sont pour l’instant une exception notable. C’est le segment le moins impacté par la crise du stockage avec une exagération globale limitée à environ +17 %. Les prix restent considérés comme quasi normaux en particulier pour les HDD externes de moyenne et grande capacité. Seuls les SSD externes de 1 To commencent à suivre la hausse des SSD internes et laisse penser que cette relative stabilité pourrait elle aussi être remise en question à moyen terme.

Dans l’ensemble, le stockage semble aujourd’hui dans une phase de transition. Les hausses sont moins spectaculaires que pour la mémoire vive, mais les signaux sont clairs. Entre tension industrielle, raréfaction progressive des stocks et effets de rattrapage, la résistance actuelle des disques durs et SSD pourrait n’être qu’un sursis avant une nouvelle vague de hausse.

Les cartes graphiques peu touchées par la pénurie de RAM

Après une période d’accalmie relative, le marché des cartes graphiques montre à nouveau une légère tension sur les prix, sans pour autant basculer dans une situation comparable à celle observée sur la mémoire vive ou le stockage. La hausse reste mesurée avec un indice de prix autour de 120 % donc une augmentation contenue. Le marché GPU reste donc globalement fonctionnel.

Les modèles les plus récents sont les premiers concernés par cette remontée des prix. Cela s’explique avant tout par un positionnement volontairement orienté vers les performances. Les nouvelles générations embarquent davantage de mémoire vidéo et utilisent massivement la GDDR6 et désormais la GDDR7, deux technologies aujourd’hui disponibles sans contrainte majeure pour le marché de détail. Contrairement à certaines idées reçues, il n’y a pas de pénurie critique de mémoire graphique à ce stade.

La hausse observée n’est donc pas liée à un manque d’offre, mais à un choix industriel. Les fabricants concentrent leurs lignes sur des cartes plus performantes, plus coûteuses à produire et mieux valorisées commercialement. Ce repositionnement tire mécaniquement les prix moyens vers le haut, sans pour autant empêcher l’accès aux cartes graphiques pour le grand public.

Les générations précédentes restent disponibles en quantité suffisante et sont de plus en plus l’alternative pour de nombreux usages.

En 2026, acheter une carte graphique reste donc possible dans des conditions raisonnables. Le marché est sous tension modérée, mais il ne connaît ni pénurie massive, ni emballement comparable aux cycles précédents. Les GPU suivent une trajectoire différente de celle de la mémoire vive avec une hausse progressive liée à la montée en gamme plutôt qu’à une crise d’approvisionnement.

L’intelligence artificielle comme catalyseur

Les besoins liés à l’IA mobilisent massivement la mémoire, le stockage et les capacités de production sur des volumes et des durées qui dépassent largement ceux du marché grand public. Ce déplacement de la demande a un effet direct sur les prix. Lorsque les fabricants orientent leurs lignes vers des clients industriels et des infrastructures à forte valeur ajoutée, le marché grand public devient secondaire. Les composants continuent d’être disponibles, mais ils ne sont plus produits avec le même objectif de volume ni de pression concurrentielle sur les prix. Les tarifs montent rapidement lorsque la demande industrielle s’intensifie, mais ils redescendent beaucoup plus lentement.

Ce phénomène explique en grande partie la situation observée en 2026. Sur plusieurs segments, les prix cessent d’augmenter sans pour autant amorcer une véritable baisse. Le marché n’est plus dans une logique de correction, mais dans une phase de stabilisation à un niveau élevé. Pour les fabricants, ce nouveau palier est jugé acceptable, car il reflète mieux les coûts, les marges et la valeur stratégique des composants. Pour les consommateurs, en revanche, ce plafond reste difficile à absorber.

Une stabilisation des prix à un niveau durablement élevé

Il est donc important de ne pas confondre ralentissement et retour à la normale. L’absence de nouvelles hausses spectaculaires peut donner l’illusion d’un apaisement, alors qu’il s’agit en réalité d’une normalisation des prix à un niveau historiquement haut. Tant que la demande liée à l’IA restera structurellement forte, les baisses franches resteront rares et ponctuelles, davantage liées à des ajustements commerciaux qu’à un véritable renversement de tendance.

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